Marie Mère de Dieu ?

La maternité divine de la Vierge Marie est exprimée avec précision en Luc dans ce qu’on appelle l’évangile de l’enfance. Ailleurs dans les Évangiles, Marie est appelée « Mère de Jésus » et ce qui étonne c’est que Jésus lui-même ne donne jamais à Marie le nom de mère, mais celui de femme.

La formule « qui a enfanté Dieu » apparaît vers le IIIe siècle à Alexandrie. On l’attribue à Origène, mais l’enfantement du Verbe de Dieu par Marie se trouve déjà dans le Symbole des Apôtres, de date antérieure imprécise : « Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre Seigneur… né de la Vierge Marie ».

Dès les premiers siècles de l’Église, les Pères dans leur ensemble défendent cet article de foi du Credo primitif contre les hérésies ; en particulier contre le docétisme dont les adeptes prétendaient que Jésus était Dieu certes, mais n’avait d’un homme que l’apparence.

Plus tard, des théologiens de l’école d’Antioche défendirent l’idée que, dans le Christ, la nature divine et la nature humaine devaient correspondre à deux personnes distinctes.

Issu de cette école, Nestorius devenu, en 428, évêque de Constantinople, continua à déclarer que si le Christ a été pleinement homme, il fallait qu’il ait été une personne humaine.

Nestorius expliquait : « Dire que le Verbe divin, seconde hypostase de la Sainte Trinité a une mère, n’est-ce pas justifier la folie des grecs qui donnent des mères à leurs dieux ? Marie n’a pas enfanté le Dieu par qui est venue la rédemption des hommes, Marie a enfanté l’homme dans lequel le Verbe s’est incarné ».

Il en résultait donc que Marie était mère du Christ-homme et non Mère du Christ-Dieu.

En fait, ce qui était posé c’était le problème des rapports entre la nature divine et la nature humaine réunies en une seule et même personne.

Le Concile d’Éphèse va précisément s’occuper de la question. Nestorius va y trouver en saint Cyrille, évêque d’Alexandrie, un adversaire résolu.

Le Concile d’Éphèse est convoqué en 431, comme cela se faisait alors, par l’empereur d’Orient Théodose II. C’est saint Cyrille d’Alexandrie qui le préside, en tant que légat du pape Célestin I ; il fait condamner et déposer Nestorius par les pères conciliaires.

Au Concile d’Éphèse, Jésus-Christ est déclaré « consubstantiel au Père selon la divinité et consubstantiel aux hommes dans l’humanité. Des deux natures l’union s’est faite. Aussi faut-il confesser un Christ, un fils, un Seigneur. En raison de cette union sans confusion, nous confessons que la Sainte Vierge est Mère de Dieu parce que le Dieu Verbe a pris chair et s’est fait homme et, dès l’instant de sa conception, s’est uni au corps qu’il avait pris d’elle ».

Le Concile de Chalcédoine en 451, définissant solennellement le dogme des deux natures dans le Christ, unies « sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation », répétera que le Christ est « engendré du Père avant les siècles selon la divinité, mais qu’il est né de Marie, la Vierge, Mère de Dieu, selon l’humanité ».

Le IIIe Concile de Constantinople renforcera, en 681, la doctrine de Marie, Mère de Dieu, en précisant que Marie a « véritablement et au sens propre » enfanté Dieu.

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