Troisième dimanche de Carême
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Comme beaucoup de messe durant le Carême, celle-ci nous présente une frappante image de ce qu’il y a de tragique dans la condition humaine. Il s’agit du partage et de la contradiction qui règnent en chacun de nous et dont saint Paul témoigne quand il dit : « Je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce qui me répugne. » (Romains 7, 15)
D’une part nous sommes appelés à une vie sainte et sans tache. D’autre part, nous éprouvons, au plus profond de notre être, la pesanteur de notre corps et ses concupiscences. (Voir également la Lecture du dimanche précédent.)
Les dangers qui nous menacent du dehors ne sont pas moins grands. Par ses séductions et surtout par son dédain toujours croissant de la véritable signification spirituelle de notre destinée, le monde au milieu duquel nous vivons, exige de nous une force d’âme inébranlable et une vigilance toujours active pour ne pas succomber devant l’influence perfide qu’il exerce sur nos convictions les plus sacrées.
L’Évangile nous rappelle surtout que le diable, en dépit de notre tendance moderne à méconnaître son existence, demeure une réalité dans notre vie et celle du monde.
Dans les Chants nous témoignons avec une assurance calme et ferme notre confiance dans la protection de Dieu. Il écartera de nous tous les dangers , et son autel (les sacrements et tous le moyens de la grâce qui sont mis à notre disposition par l’Église) est un havre sûr où nous pouvons puiser la force nécessaire pour résister à l’ennemi, aussi bien en nous qu’en dehors de nous.
Les Prières résument de façon très suggestive le cours des pensées qui se développent dans cette messe : nous demandons à Dieu qu’Il daigne entendre nos humbles aspirations, qu’Il nous purifie de nos péchés, qu’Il écarte de nous tous les dangers , afin que notre participation à cette messe puisse nous sanctifier réellement, dans notre âme et dans notre corps.
Lecture
Éphésiens 5, 1-9 — Sans répit l’Église insiste sur la sainteté qui doit marquer notre vie chrétienne, surtout durant ce saint Carême. Donc pas d’impudicité, pas d’impureté, pas d’égoïsme qui nous empêcherait d’avoir part à la résurrection, mais au contraire, à l’exemple du divin Sauveur, amour, bonté, justice et vérité.
Frères, cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire. Comme il convient à des membres du peuple saint, la débauche, l’impureté sous toutes ses formes et l’appétit de jouissance sont des choses qu’on ne doit même plus évoquer chez vous ; pas davantage de propos grossiers, stupides ou scabreux - tout cela est déplacé - mais plutôt des actions de grâce. Sachez-le bien : ni les débauchés, ni les dépravés, ni les jouisseurs (qui sont de vrais idolâtres) ne reçoivent d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu ; ne laissez personne vous égarer par des paroles creuses. Tout cela attire la colère de Dieu sur ceux qui désobéissent. N’ayez donc rien de commun avec ces gens-là. Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière - or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité.
Évangile
Luc 11, 14-28 — L’Église veut nous rendre fort dans la lutte contre le diable, que nous avons engagée durant ce Carême. C’est pourquoi elle nous montre le Seigneur qui chasse un démon et « se montre plus fort que lui ». Mais nous devons toujours rester vigilants car le diable mettra tout en œuvre pour nous soumettre à nouveau à son empire. Notre seul moyen de défense contre son retour en nous, c’est de nous unir intimement au Christ et d’observer fidèlement ses commandements.
En ce temps-là, Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et la foule fut dans l’admiration. Mais certains se mirent à dire : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, lui réclamaient un signe venant du ciel. Jésus, connaissant leurs intentions, leur dit : « Tout royaume divisé devient un désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. Et si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous. Quand l’homme fort et bien armé garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort intervient et triomphe de lui, il lui enlève l’équipement de combat qui lui donnait confiance, et il distribue tout ce qu’il lui a pris. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. Quand l’esprit mauvais est sorti d’un homme, il parcourt les terres desséchées en cherchant un lieu de repos. Et comme il n’en trouve pas, il se dit : “Je vais retourner dans ma maison, d’où je suis sorti”. En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée. Alors, il s’en va, et il prend sept autres esprits encore plus mauvais que lui, ils y entrent, et ils s’y installent. Ainsi, l’état de cet homme est pire à la fin qu’au début. » Comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! » Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

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