Le Carême
par
popularité : 40%

L’Église commence aujourd’hui ses quarante jours de préparation à la fête de Pâques. Une fois de plus, nous allons nous acheminer vers le temps de la passion et de la mort du Christ, et vers sa glorieuse résurrection, sommet de l’année liturgique. Le mystère de la rédemption va se renouveler. Et maintenant toute la question est de savoir si ces événements religieux vont passer inaperçus pour nous, ou bien s’ils vont, au contraire, éveiller en nos âmes un échos qui puisse ranimer en elles la vie spirituelle.
Jadis, toute la vie sociale était engagée dans cette préparation du Carême. Ce qu’elle en a conserver aujourd’hui - Carnaval, mi-Carême et leurs divertissements - n’a certes pas pour effet de nous restituer la gravité qui s’impose.
L’Église a dû tenir compte du rythme épuisant de la vie contemporaine en réduisant ses prescriptions concernant les pénitences corporelles et ceci enlève encore une occasion de prendre à cœur les observances de ce saints temps de Carême.
Au surplus faut-il noter que, jadis, les dimanches étaient considérés comme des jours de répit dans cette longue et dure période et c’est ainsi que les messes dominicales n’accentuent pas aussi fortement qu’au jours de semaine la signification profonde e ce temps de pénitence et de recueillement.
Quant à nous, chrétiens du XXI° siècle, livrés davantage à nous-mêmes part toutes ces circonstances , il nous appartient plus que jamais de prendre personnellement et profondément conscience de notre appartenance chrétienne, afin de rendre, comme il se doit, ce Carême salutaire.
Il dépend de nous de trouver le temps nécessaire au recueillement pour examiner une bonne fois en toute loyauté l’authenticité de notre vie chrétienne :
Quelle place le Christ tient-il dans ma vie ?
Suis-je tellement content de moi-même, des satisfactions quotidiennes que m’offre la vie ou bien suis-je tellement aliéné par la vie trépidante qui nous entraîne tous, que je n’éprouve plus aucun besoin de libération, de purification, de rédemption, de quelque chose de plus haut qui puisse me faire regarder vers la lumière rayonnante de la Résurrection et la promesse qu’elle contient pour moi ?
Mon baptême, dont je vais solennellement renouveler les voeux durant la nuit pascale, me donne-t-il constamment conscience de mon appartenance à un monde très souvent étranger à celui de ma vie quotidienne où ne se prête que peu d’attention à l’unique réalité qui demeure éternellement : ma qualité d’enfant de Dieu ?
Que va-t-il advenir de ma confession pascale ? Une corvée annuelle peu attrayante qui heureusement peut se liquider rapidement dans la presse des derniers jours avant Pâques, ou bien une occasion de rentrer profondément en moi-même, une prise de conscience sincère et généreuse des devoirs et de la noblesse de ma qualité de chrétien ?
Que signifiera surtout ma communion pascale ? Me fera-t-elle prendre part réellement aux sentiments, à la Passion, à la mort et à la Résurrection du Christ ? Sera-t-elle une véritable communion (= identification) avec le Christ ?
La réponse exacte à ces questions ne peut nous être donnée que par la prière, par une fidélité généreuse à nos devoirs, par une ferme volonté de mortifier en nous l’homme pécheur, de telle sorte qu’à Pâques, nous puissions renaître en véritables enfants de Dieu et ressusciter glorieusement avec le Christ.

Commentaires