Galaad

Variante : Galahad
vendredi 5 mars 2010
par  NeOrbe
popularité : 21%

Galaad présenté à son père, Cote BNF Français 116, Quête du saint Graal, France, Ahun, XVe siècle, Évrard d'Espinques et collaborateurs. Chevalier de la Table Ronde, Galaad apparaît dans les divers récits du Cycle mais joue surtout un rôle essentiel dans la Queste del Saint Graal avant dernière partie du Lancelot en prose (XIII° siècle). Il est le fils naturel de Lancelot et de la fille du Roi Pêcheur et c’est après avoir été reconnu et armé chevalier par lui qu’il se présente à la cour du roi Arthur. Son premier exploit est de retirer une épée fichée dans un bloc de marbre, et qui avait résisté jusque là aux efforts des plus vaillants héros, Gauvain y compris. Ayant ainsi donné la preuve de son élection, il se distingue ensuite dans un tournoi et accomplit tant de prodiges qu’il prend la direction de la Quête du Saint-Graal. Galaad succède dès lors à Perceval, qui n’a pas su garder sa pureté. Il aura l’honneur suprême de conquérir le Vase sacré et d’être admis à la contemplation de ses mystères.

Galaad est le chevalier par excellence, le Parfait et le Très Pur ; son bras invincible est le symbole de la justice divine ; sa vie où s’allient le courage et la « simplicité » incarne toutes les vertus nécessaires à la quête mystique. Son personnage représente ainsi l’extrême sommet de l’évolution de la Chevalerie devenue, non plus seulement l’Ordre guerrier et conquérant à qui était dévolue l’administration de ce monde, mais le Grand Ordre seul capable d’élever ses membres jusqu’à la vision des mystères et des secrets rédempteurs de l’autre monde.

Le personnage de Galaad a été repris par Lord Alfred Tennyson dans les Idylles du Roi (1859-1885) ; il y conserve ses traits essentiels mais son symbolisme, faute d’être soutenu par la foi et la profonde inspiration de l’époque où fut inventé son type, paraît un assez fade exercice rhétorique. Si son charme demeure puissant, c’est dans la mesure où, profitant de la splendeur du mythe l’auteur nous remet en mémoire les aventures originelles du héros.

Dans les Chevaliers de la Table Ronde, pièce en trois actes de Jean Cocteau, représentée en 1937, Galaad - fils de la reine des fées, Mélusine, et de Lancelot - est le symbole du poète. Son apparition désenvoûte le monde et fait arriver le règne de la vérité. Il a le rôle d’aider chacun à se mettre en règle avec soi-même, condition suffisante pour voir le « Graal » mais lui ne le voit jamais : il est celui qui le fait voir aux autres. Très pur, il disparaît une fois sa mission accomplie, car sa pureté même lui interdit tout contact avec le monde et le condamne à l’isolement. Ainsi sa mission le conduit-elle à se séparer perpétuellement de tous ceux qu’il aime et à poursuivre l’accomplissement de sa quête dans l’errance et dans la solitude. Il paie continuellement de ses actes et de sa personne et son armure de lumière, alors qu’elle éclaire ceux qui le rencontrent, le laisse, quant à lui, aux confins de cette nuit qu’il désassombrit inlassablement pour les autres.


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