Doctrine des Mouvances

samedi 13 mars 2010
par  Fulgence
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Les grandes lignes de la doctrine des mouvances ont été définies par frère Richard Neirynck, Régent de l’Ordre, dans son discours d’ouverture de l’Assemblée de Fraternité extraordinaire du 15 août 1965. Le style de ce document est certes un peu “passé” et la guerre froide oubliée par la plupart de nos contemporains, cependant les résolutions adoptées ce jour d’été ont marqué durablement le mode d’action de l’Ordre dans le siècle.

Le moyen qui nous semble le plus adéquat pour atteindre les objectifs temporels de l’Ordre est la constitution par nous tous des MOUVANCES, c’est-à-dire de ces zones d’influence, de contrôle ou de direction, personnelles ou collectives, officielles ou officieuses, voire même secrètes, institutionnalisées ou informelles dans les secteurs les plus variés de la vie politique, sociale, académique, économique ou caritative.

Si l’on s’en réfère à certaines analyses économiques et, notamment, à celle de Colin Clark, sans d’ailleurs y attacher aucune valeur de dogme, il semble bien que ce qu’il est convenu d’appeler le secteur tertiaire est promis à un accroissement, en tout cas, dans les pays économiquement les plus évolués.

Il nous paraît intéressant de pouvoir envisager la détermination du secteur structurel et technique de l’Ordre sous l’angle des analyses prévisionnelles de la science économique et d’en tirer argument pour prouver, si besoin en était encore, l’actualité de la chevalerie.

Dès lors, nous pensons pouvoir affirmer sans crainte ni de trahir la tradition ni de risquer l’inadaptabilité fonctionnelle, qu’il est de la vocation de l’Ordre de fonder et de contrôler un réseau tertiaire aussi complet que possible, particulièrement dans les importants secteurs de l’éducation, de la santé, de l’information, de la finance, de la culture et des loisirs.

Il est par ailleurs capital de bien observer que ce sont précisément ces secteurs qui sont les plus menacés par la subversion et que nos adversaires s’en sont déjà assuré le contrôle dans une trop large mesure.

Ben évidemment, cette structure tertiaire comprise sensu lato serait à l’Ordre dans l’unique but de constituer pour lui un levier financièrement indépendant qui lui permettra d’intervenir efficacement dans l’ensemble des rouages sociaux tout en lui donnant les moyens d’assumer, par ses propres rouages, une part de sa vocation spirituelle, politique, caritative ou pédagogique, au service de la communauté, et, également, d’attacher à son service exclusif certains membres dont la loyauté, la fidélité, le dévouement et la compétence pour sa finalité propre, auront pu être longuement et largement éprouvés.

Il convient de souligner encore que la vocation de l’Ordre, à la fois temporelle et spirituelle, le second élément étant subordonné au premier dans une perspective de synthèse de la mission propre de la chevalerie célestielle, se situe également, et dans l’avenir, peut-être surtout dans les pays qui forment la première ligne des grands affrontements lourds de conséquence pour l’avenir de l’humanité.

Nous voulons parler, en premier lieu, de ces terres chrétiennes d’Amérique latine, objet de la paternelle sollicitude du Souverain Pontife, et, cependant victimes de l’infra-développement et proies rêvées de la perversité de tous les messianismes révolutionnaires. Il a déjà été dit combien le sort de la Chrétienté se jouant là-bas, il appartient aux chevaliers de s’y trouver et de s’y préoccuper, compte tenu des circonstances, non seulement du secteur tertiaire, mais également des infrastructures agricoles et industrielles.

Nous pensons également à ces peuples d’Europe qui furent si souvent notre rempart et qui, à présent, se laissent écraser et gémissent sous la botte d’une barbarie d’autant plus sauvage qu’elle s’est faite le champion mondial d’une philosophie étrangère à notre civilisation et intrinsèquement perverse dans ses structures, ses moyens et ses buts.

A quelques centaines de kilomètres d’ici seulement, plus qu’ailleurs, la cause semble perdue humainement ; seule la Foi et, peut-être avant tout, celle des soldats chrétiens pourra, un jour, permettre quelques lueurs d’espoir.

Ayant tenté de chercher l’étendue du champ d’action de notre Ordre, nous devons évoquer maintenant les principes d’agencement et d’ordonnance interne tant des mouvances que des structures.

Ce principe reste l’efficacité du combat

Par conséquent, les formules adoptées sont et seront infiniment changeantes et souples, adaptées aux circonstances de temps et de lieu, en fonction des données tactiques et stratégiques.

Pour caractériser cet empirisme organisateur, nous avons comparé l’Ordre à un iceberg dont la partie apparente ne constituerait que le sommet, étincelant peut-être, mais aussi plus vulnérable d’un édifice en grande partie caché sous les eaux et dont le mystère et l’étendue seraient plus ou moins dévoilés suivant chaque cas d’espèce.


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