Dimanche de la Quinquagésime
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Les Prières de cette messe expriment toutes la conscience de notre culpabilité et notre besoin de protection divine. L’angoisse et le désarroi qui caractérisent si nettement les textes des deux dimanches précédents, font place maintenant à plus de calme résignation et de confiance en Dieu, notre refuge, notre force, notre sauveur et notre rédempteur.
Comme le Christ, en faisant route vers Jéricho, passa près de l’aveugle et le guérit, ainsi vient-Il à notre rencontre pendant le Carême qui approche. Puisse-t-Il aussi ouvrir nos yeux à la connaissance de sa loi, et tout particulièrement celle de l’amour fraternel, qui doit être l’âme de toute notre vie chrétienne.
De la sorte parviendrons-nous avec le Christ jusqu’au jour de la Résurrection, déjà annoncée dans l’Évangile de ce dimanche, et jusqu’à la contemplation finale de l’essence divine.
L’Eucharistie que nous recevons ce jour doit ranimer sans cesse notre aspiration vers ces réalités divines dans la persuasion que Dieu ne nous fera jamais défaut.
Lecture
1 Corinthiens 13, 1-13 — L’Église nous lit aujourd’hui une des plus belle pages de saint Paul : sa louange de la charité. La charité dépasse tout don, elle vivifie et anime toutes les autres vertus. La charité ne passera pas. Elle est, ici-bas, le rayonnement le plus parfait de la béatitude céleste., puisqu’au ciel elle sera la seul à subsister, quand nous contemplerons Dieu, que la foi ne nous fait connaître qu’imparfaitement aujourd’hui, dans son essence intime ; car Dieu est amour.
J’aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
L’amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel disparaîtra. Quand j’étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m’a connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.
Évangile
Luc 18, 31-43 — Mercredi prochain commence le Carême. L’Évangile de ce jour nous rappelle le renouvellement du grand drame de Pâques. Puisse le Christ éclairer nos yeux et notre intelligence, comme pour l’aveugle de Jéricho, afin que nous ne restions pas aveugles sur son divin amour. Qu’Il a poussé jusqu’à souffrir et mourir pour nous. Nous pourrons alors, après un Carême salutaire, ressusciter avec Lui.
En ce temps-là, Jésus prenant les Douze avec lui, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem, et tout ce qui a été écrit par les prophètes sur le Fils de l’homme s’accomplira. En effet, il sera livré aux païens, on se moquera de lui, on le maltraitera, on crachera sur lui ; après l’avoir flagellé, on le tuera et, le troisième jour, il ressuscitera. » Mais eux n’y comprirent rien, le sens de cette parole leur restait caché, et ils ne voyaient pas de quoi Jésus parlait. Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle qui mendiait était assis au bord de la route. Entendant une foule arriver, il demanda ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « ésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Ceux qui marchaient en tête l’interpellaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? - Seigneur, que je voie ! » Et Jésus lui dit : « Vois. Ta foi t’a sauvé. » A l’instant même, l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa ses louanges à Dieu.

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